Geschichte des Laguiole

Geschichte des Laguiole

Il était une fois le Laguiole

C’est en 1829 que naît à Laguiole, petit village de montagne de l’Aveyron (sud-ouest de la France) un modeste couteau de paysan. Sa fameuse abeille, symbole de prestige et de qualité, qui orne son ressort en fera le couteau le plus célèbre de France.

La coutellerie à Espalion

La coutellerie à Espalion est une activité anciennne puisqu'on recense deux couteliers déjà au 17ème siècle . La production correspond aux besoins exclusifs de la population du canton : couteaux droits dits capujadou, ciseaux à marquer le bétail , tranches-pain , serpettes et outils de vigneron , hachettes pour le forestage . A la fin du 17ème siècle Espalion était devenu un des 5 centres clandestins d'assemblage de couteaux fermants bon marché à un clou de Saint Etienne appelés "jambettes stéphanoises". Le montage était organisé par une famille de maitres couteliers , les Canel, originaires du Chambon commune coutelière proche de Saint Etienne. Ces couteaux était vendus dans la région par les colporteurs et sur les foires. Le fils Canel, lui aussi coutelier, sera  Bayle de la Confrérie Saint Eloi d'Espalion. Cette confrérie très ancienne et toujours active regroupait les corps de métier liés à la forge et au métal .

Au milieu du 19ème siècle vers 1850 Casimir Moulin, qui fut le premier coutelier installé à Laguiole dés 1828, quitte le plateau de l'Aubrac pour s'installer avec son fils, lui aussi coutelier, à Saint-Côme d'Olt. Ils y installeront leur forge et leur coutellerie. Moulin fabriquera à la main du laguiole dans sa forge, puis s'adressera à Thiers pour y faire réaliser ses couteaux. La coutellerie Moulin fermera vers 1911.

Vers 1874 Antoine Auguste Marin Salettes s'installe coutelier à Espalion, il sera rapidemment rejoint par son frère Charles. La famille Salettes trés liée à la coutellerie de l'Aubrac est apparentée aux Belmon, aux Pagès et aux Calmels. Le frère d'Auguste Salettes avait quant à lui épousé la fille du coutelier Delrieu d'Espalion. Salettes forgera ses lames dans sa grande forge où il fera aussi de le petite taillanderie . Les meules et les polissoires y étaient entrainés par un mécanisme animé par la traction canine .

Salettes fabriquera à la main des laguiole jusqu'en 1930 date à laquelle sa forge sera détruite par un incendie . Dés 1874 , il avait sous-traité une partie de sa production à Thiers  où il envoyait les gabarits des couteaux qu'il avait mis au point . En 1897 il obtiendra une Médaille d'Argent à la Foire Internationale de Marseille pour un couteau d'exception réalisé en commun avec Pagès et Calmels .

Christian Lemasson

Ethnographe.

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L’ancêtre du Laguiole est né de l’adoption de la Navaja, à la forme arabo-hispanique, ramenée au début du XIXe siècle par ceux qui partaient travailler en Espagne comme scieurs de long. Le couteau local de l’époque, le Capouchadou et la Navaja nouvelle venue, donnèrent ainsi naissance au Laguiole.

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1840 : apparition du poinçon servant à percer la panse des herbivores gonflée d’avoir mangé de l’herbe trop tendre (météorisation).
1880 : apparition du tire-bouchon réclamé par les nord-aveyronnais partis travailler à Paris comme garçons de café.
La croix des bergers qui figure sur le manche est la miniaturisation et le symbole de la Sainte-Croix. Le Laguiole était planté dans le pain, elle faisait ainsi son office pour la prière de ceux qui partaient pendant plusieurs mois en transhumance loin des lieux de culte.

Quelques anecdotes sur le Laguiole

Quelques anecdotes...

Le connaisseur, en refermant son couteau, évitera soigneusement de faire claquer la lame pour ne pas abîmer le fil ni endommager le ressort, respectant ainsi le proverbe aveyronnais : "ressort silencieux vivra vieux". (La butée évite à la lame de claquer sur le ressort.) Le patriarche était seul autorisé à faire claquer la lame afin de demander à la famille de débarrasser la table.